Shame : Après avoir fait une grève de la faim pour Steve McQueen II, Michael Fassbender est cette fois-ci un accro au sexe dans ce film poignant, troublant et intense qui nous met face à une addiction dont on ne parle quasiment jamais mais qui est bien réelle. La mise en scène est toujours aussi efficace, épurée et nous montre sans concessions le quotidien de Brandon qui passe sa vie entre masturbation et fornication. Si le film traîne parfois en longueurs, il ne perd jamais de son intensité et laisse le spectateur seul juge de Brandon. Dans ce rôle Michael Fassbender est grandiose, entre violence et fragilité, bouillonnant de colère et de charisme. Face à lui, Carey Mulligan est touchante en sœur paumée et suicidaire qui vient troubler la vie de son frère. Une chose est certaine : Fassbender est un des plus talentueux de sa génération et Steve McQueen II s'annonce comme un brillant cinéaste.
A Dangerous Method : David Cronenberg ose et tient un pari difficile : rendre accessible à un large public un débat intellectuel entre les deux principaux fondateurs de la psychanalyse. Faisant preuve d’un efficace sens de la synthèse, sa réalisation décortique la relation entre Jung et Freud qui va évoluer du respect mutuel entre maître et disciple vers la rupture irrémédiable. Les divergences entre les deux hommes, l’un attaché avant tout à l’analyse des pulsions sexuelles et l’autre à une approche plus globale intégrant religion et mysticisme, les mènent à des ambitions thérapeutiques opposées. La patiente puis maîtresse de Jung, Sabrina Spielrein, tentera par son travail sur elle-même de concilier l’apport des deux génies. Le plus grand mérite de Cronenberg est d’avoir équilibrer la sècheresse inhérente à la prépondérance des dialogues avec une énergie vitale où les corps expriment les tourments de l’esprit. À ce jeu, Viggo Mortensen, Michael Fassbender sont irréprochables d’expressivité et de justesse. Vincent Cassel dans son rôle de jouisseur, aussi court soit-il, est étonnant. Bémol pour Keira Knightley, alors no comment. Sur un sujet aussi vaste et profond les ellipses étaient inévitables mais l’habileté de ce film est à saluer bien bas.
Le rapport entre les deux films : Michael Fassbender et le Sexe.